Chaleur sèche et vent calme sur le Val — l'été tient bon, quatre jours sans pluie.
La journée a monté vite, comme souvent quand le vent du sud souffle à peine. À neuf heures, on était déjà à vingt-sept degrés, cinq degrés au-dessus de la normale, et l'air portait cette qualité particulière du beau temps qui dure : sec, immobile, légèrement opaque vers l'horizon. La pression est restée à plat. Rien ne pressait.
C'est dans cet air-là que le colibri à gorge rubis, Archilochus colubris, s'est montré le plus actif — trente-cinq détections au fil de l'après-midi, pic autour de quatorze heures. En août, les individus commencent à préparer le voyage : ils boivent beaucoup, visitent méthodiquement chaque fleur disponible, accumulent les réserves pour une traversée qui peut dépasser cinq cents kilomètres d'un trait au-dessus du golfe. Pas d'urgence visible ce jour-là, mais une attention au territoire que le roi-lets à couronne dorée, quatre-vingt-quatre détections, partageait à sa façon — glanant en sous-bois, infatigable.
La couverture nuageuse sera totale cette nuit, et les Perséides — dont le pic est dans quatre jours, avec un taux attendu d'une centaine d'étoiles filantes par heure — resteront invisibles. Vénus sera la seule planète notable basse sur l'horizon ouest en début de soirée, mais le ciel bouché effacera tout ; une nuit à passer dedans, les oreilles ouvertes plutôt que les yeux levés.
« The dandelion tells me when to look for the swallow, the dogtooth violet when to expect the wood-thrush, and when I have found the wake-robin in bloom I know the season is fairly inaugurated. » « Le pissenlit me dit quand guetter l'hirondelle, la dent-de-chien quand attendre la grive des bois, et quand j'ai trouvé le trille en fleur, je sais que la saison est vraiment commencée. » John Burroughs — Wake-Robin, 1871