Journée de grand écart — un matin froid à peine au-dessus du gel, un après-midi qui a poussé jusqu'à 21 degrés, et les parulines partout dans les arbres.
Le thermomètre marquait encore 1,3 degré au plus bas de la nuit, puis la journée a basculé d'un coup : à midi, le soleil frappait à plus de 120 000 lux sur le versant, et l'air avait grimpé de presque vingt degrés en quelques heures. Pas un millimètre de pluie, pas d'orage, un vent qui soufflait à peine — les conditions exactes qui gardent les migrateurs au sol et les font chanter. Trente-neuf espèces détectées depuis l'aube, dont le pic d'activité s'est produit avant cinq heures du matin, dans le noir et le froid.
L'oiseau du jour est arrivé en fin d'après-midi : un roitelet à couronne rubis, Corthylio calendula, capté à 18 h 43 dans le sous-bois. C'est une présence discrète, difficile à suivre des yeux, mais la voix est précise — une mécanique à ressort qui monte et retombe sur elle-même. La paruline tigrée, Setophaga tigrina, a dominé le compteur avec 199 détections ; elle passait dans la canopée depuis le milieu de la nuit, indifférente au froid. Ces deux-là ne s'attarderont pas.